La réponse courte : rien pour le classement, quelque chose pour le clic
Commençons par ce qui fâche : la meta description n'est pas un critère de classement. Google l'avait dit noir sur blanc dès 2009, à l'époque où il annonçait ignorer la balise meta keywords, et rien depuis n'est venu contredire cette position. Vous pouvez y glisser votre mot-clé trois fois, la page ne gagnera pas une place.
Ce qu'elle peut faire, en revanche, c'est servir de texte sous votre titre dans les résultats. Et ces deux lignes, c'est souvent ce qui décide l'internaute à cliquer chez vous plutôt que chez le voisin. Le levier joue donc sur le taux de clic, pas sur la position. Pour mesurer ce que ça vaut en visites, raisonnez avec les ordres de grandeur du taux de clic selon votre position dans Google : gratter quelques points de CTR en position 4 ne pèse pas la même chose qu'en position 1.
La vraie question, devant 300 pages sans description, c'est donc : est-ce que ça sert assez, page par page, pour justifier le temps passé ? Et là, tout dépend de la page.
Pourquoi Google réécrit si souvent votre texte
Google est assez franc sur le sujet. Dans sa documentation sur les extraits affichés dans les résultats de recherche, il explique que l'extrait est d'abord construit à partir du contenu de la page, et que la meta description n'est reprise que si elle décrit la page mieux que le reste du texte. Votre balise est une proposition, pas une consigne.
Ce qui fait pencher la balance, c'est la requête. L'extrait est choisi au moment de la recherche, selon ce que l'internaute a tapé. Si quelqu'un cherche le sujet principal de la page, votre description a de bonnes chances de s'afficher telle quelle. S'il pose une question de longue traîne à laquelle répond un paragraphe précis au milieu de l'article, Google ira chercher ce paragraphe, parce qu'il colle mieux. Une même page peut ainsi afficher votre description sur une requête et un morceau de texte sur dix autres.
Les études sur le taux de réécriture (plusieurs éditeurs d'outils SEO en ont publié, souvent au-delà de la moitié des cas) sont donc à prendre avec recul : elles mélangent toutes les requêtes, y compris celles où votre description n'avait aucune chance.
Restent les causes de réécriture qu'on provoque soi-même, et que je retrouve à presque chaque audit :
- la même description sur des dizaines de pages, souvent un gabarit oublié dans le thème ;
- une description vide, ou trop courte pour dire quoi que ce soit ;
- une liste de mots-clés empilés, que Google écarte ;
- un texte qui ne correspond plus au contenu, parce que l'article a été mis à jour et pas la balise.
Elle ne sert pas qu'à Google
Petite parenthèse qu'on oublie souvent : Bing s'appuie lui aussi sur la meta description pour ses extraits. Et quand une page est partagée sur un réseau social sans balise Open Graph dédiée, c'est fréquemment ce texte-là qui apparaît sous l'aperçu du lien.
Rien de décisif, mais une raison de plus pour ne pas laisser traîner une phrase bancale.
300 descriptions à écrire : la méthode de tri que j'applique
Venons-en à la question de départ. Rédiger 300 descriptions à la main, une par une, je ne le conseille presque jamais. L'effort serait mal réparti : sur un site de cette taille, une poignée de pages concentre l'essentiel des impressions, et une bonne partie du reste n'apparaît quasiment jamais dans les résultats.
Voilà comment je découpe le travail, Search Console ouverte :
- Exportez le rapport Performances par page sur les trois derniers mois, avec impressions, clics, CTR et position moyenne.
- Repérez les pages qui ont beaucoup d'impressions et un CTR faible pour leur position. C'est là que la description a le plus de chances de changer quelque chose : la page est vue, mais on ne clique pas.
- Pour chacune, tapez ses deux ou trois requêtes principales dans Google et regardez l'extrait réellement affiché. S'il est bon, ne touchez à rien. S'il reprend un menu, une phrase coupée ou un bandeau de cookies, réécrivez.
- Pour les pages de même type (fiches produits, catégories, pages villes), créez un modèle avec des variables : nom, caractéristique principale, prix ou zone, bénéfice concret. Google recommande d'ailleurs lui-même la génération automatique pour les sites construits sur une base de données, à condition que chaque description reste propre à sa page.
- Pour les pages sans impressions, ne perdez pas votre temps. Une description générée correctement suffit largement.

En pratique, ce tri ramène le travail manuel à quelques dizaines de pages. Le reste se règle avec un gabarit bien pensé, en une après-midi.
Pour l'inventaire, Screaming Frog dans sa version gratuite (limitée à 500 URL) couvre un site de 300 pages et liste d'un coup les descriptions manquantes, dupliquées ou trop longues. Si vous comptez de toute façon faire vous-même l'audit SEO technique de votre site, profitez du même crawl.
Elle ne vous fera pas gagner une place, mais sur vos pages les plus vues, c'est le texte le moins cher à retoucher pour gagner des clics.
Écrire une description que Google aura envie de garder
Pour les pages qui méritent une rédaction à la main, quelques règles font l'essentiel du travail.
- Décrivez la page, pas votre entreprise. « Découvrez notre guide complet » ne dit rien. Dites ce que l'internaute va trouver : la réponse, la méthode, le prix, le délai.
- Reprenez les mots de la requête principale, sans forcer. Google a l'habitude de mettre en gras les termes qui correspondent à la recherche, et ça accroche l'œil.
- Visez environ 150 à 160 caractères. Google n'impose aucune limite, mais il tronque l'extrait selon la largeur de l'écran, et une phrase coupée net fait travail bâclé.
- Une description unique par page. Si deux pages réclament exactement la même, c'est peut-être qu'elles traitent du même sujet, et c'est un autre problème.
- Aucune promesse que la page ne tient pas. Le clic gagné se transforme en retour immédiat vers les résultats.
La description fonctionne en bloc avec le titre et le contenu, c'est la même logique que une rédaction web pensée à la fois pour Google et pour vos lecteurs. On écrit pour un humain qui balaie une page de résultats en deux secondes.
Quand Google affiche n'importe quoi
Parfois, Google ignore votre description et sort un texte franchement mauvais : bandeau de cookies, fil d'Ariane, bout de mentions légales. Réécrire la balise ne suffit pas toujours, le problème vient du contenu qu'il a préféré.
Deux réglages existent, décrits dans la documentation de Google sur les balises meta robots. L'attribut data-nosnippet, posé sur un bloc HTML, l'exclut des extraits : c'est très pratique pour neutraliser un bandeau ou un encadré parasite. La directive max-snippet limite la longueur du texte affiché. Celle-là, je m'en sers rarement : elle réduit aussi votre place dans la page de résultats.
