Ce qu'on cherche dans un audit technique
Un audit SEO technique répond à une seule question : est-ce que quelque chose empêche Google d'explorer, de comprendre ou d'indexer votre site ? On ne parle ni de la qualité de vos textes ni de vos liens, mais de la tuyauterie. Et cette tuyauterie s'inspecte très bien avec des outils gratuits.
Avant de dérouler la méthode, un prérequis : avoir en tête les trois étapes que traverse chaque page, l'exploration, l'indexation, le classement. Si ce n'est pas encore clair, je détaille la mécanique du référencement Google dans un article dédié. L'audit technique suit exactement ce fil : on vérifie d'abord que les robots passent, ensuite que les pages entrent dans l'index, enfin que rien ne freine.
Côté outillage, trois instruments suffisent pour un site de taille raisonnable : la Search Console, PageSpeed Insights et un crawler, c'est-à-dire un logiciel qui parcourt votre site comme le ferait Googlebot. La version gratuite de Screaming Frog convient pour un petit site, et il existe des alternatives libres. Comptez une demi-journée pour un premier passage sérieux.
Étape 1 : l'état d'indexation dans la Search Console
Tout commence par la Search Console, l'outil gratuit par lequel Google vous parle directement. Si votre site n'y est pas encore déclaré, faites-le d'abord : la validation prend quelques minutes et les données s'accumulent ensuite toutes seules.
Direction le rapport d'indexation des pages. Il sépare vos URL en deux familles, les indexées et les non indexées, avec un motif précis pour chaque exclusion. C'est votre première liste de travail. Trois motifs méritent un examen immédiat. « Exclue par la balise noindex » : vérifiez que c'est volontaire, page par page. « Page avec redirection » : normal en soi, sauf si des pages importantes s'y trouvent. « Explorée, actuellement non indexée » : Google a vu la page et ne l'a pas jugée digne de son index, souvent le signe d'un contenu trop mince ou trop proche d'une autre page.
Comparez aussi le nombre de pages indexées au nombre de pages que votre site devrait réellement compter. Un écart énorme, dans un sens ou dans l'autre, est toujours une piste : pages parasites générées par le CMS, filtres indexés par erreur, ou au contraire sections entières restées dehors.
Étape 2 : crawler votre site comme Google le ferait
Lancez ensuite votre crawler sur le site complet et laissez-le travailler. Voici ce que je dépouille en premier, dans l'ordre :
- les codes de réponse : erreurs 404 (pages introuvables) encore liées depuis vos propres pages, et erreurs serveur en 5xx, à corriger en priorité absolue ;
- les redirections : une redirection isolée est normale, une chaîne de trois ou quatre sauts successifs gaspille l'exploration et dilue les signaux ;
- les balises title et meta description dupliquées ou absentes, qui trahissent presque toujours des pages en double ;
- la profondeur de clic : une page importante enterrée à six clics de l'accueil sera explorée rarement et mal valorisée.
Notez tout au fur et à mesure dans un tableur, une ligne par problème, avec l'URL, le constat et la gravité. Ce document devient votre plan de correction, et il servira de point de comparaison au prochain passage. Pour le volet redirections, j'ai décrit les bons réflexes dans mon guide de la redirection 301 : c'est le chantier le plus fréquent après une refonte.
Étape 3 : robots.txt, sitemap et directives
Une poignée de fichiers et de balises gouverne l'accès des robots à votre site, et une seule ligne mal placée peut le rendre invisible. Le robots.txt d'abord : vérifiez qu'aucune règle Disallow ne bloque une section utile, le grand classique étant le blocage complet resté en place après une refonte. Le sitemap XML ensuite : il doit exister, être déclaré dans la Search Console et ne lister que des URL propres qui répondent correctement. Les balises meta robots enfin : traquez les noindex involontaires sur des pages qui devraient être visibles.
Si ces notions restent floues, mon guide sur le robots.txt et le sitemap XML reprend tout depuis zéro. En audit, la vérification va vite : le crawler liste les pages bloquées et les pages en noindex, il suffit de parcourir la liste en se demandant, pour chacune, si c'est un choix assumé.
Étape 4 : vitesse, mobile, HTTPS
Passez ensuite vos gabarits principaux (l'accueil, une page de catégorie, une fiche ou un article type) dans PageSpeed Insights. Regardez en priorité les données de terrain affichées en haut du rapport, mesurées sur de vrais visiteurs, plutôt que le score de laboratoire. On ne cherche pas la perfection en audit : on cherche les pages franchement lentes et leurs causes, presque toujours des images trop lourdes, un serveur mou ou un excès de scripts tiers.
Vérifiez au passage que tout le site est servi en HTTPS, que la version HTTP redirige proprement, et que les pages s'affichent bien sur téléphone : c'est la version mobile de votre site que Google explore et indexe en priorité.
Prioriser les corrections : tout ne se vaut pas
Au bout du parcours, votre liste sera plus longue que prévu, c'est normal. Résistez à l'envie de tout traiter en vrac. Ma règle de priorisation, éprouvée sur des dizaines d'audits : d'abord tout ce qui bloque l'indexation (noindex involontaires, blocages robots.txt, erreurs serveur), ensuite ce qui gaspille l'exploration (chaînes de redirections, 404 liées en interne, contenus en double), enfin ce qui freine (vitesse, profondeur, balises dupliquées).
La logique est simple : un blocage d'indexation corrigé peut ramener des pages entières dans Google en quelques semaines, alors qu'une optimisation de vitesse améliore les choses à la marge. Les deux sont utiles, mais pas au même prix ni dans le même ordre.
Dernier conseil : datez votre audit, gardez le tableur, et refaites le même parcours après chaque évolution notable du site, refonte, migration, changement de CMS. Les problèmes techniques n'arrivent presque jamais tout seuls. Ils arrivent quand on touche au site.
