Pourquoi une catégorie a besoin de texte (mais pas de n'importe lequel)
Une catégorie sans texte, c'est une grille de vignettes avec un nom de produit et un prix. Pour vous, c'est limpide. Pour Google, c'est maigre : des dizaines de noms qui changent au gré des stocks, et rien qui dise clairement « cette page est LA page des chaussures de trail femme ». Le texte sert à ça : poser le sujet, fixer le vocabulaire, et donner à la page une raison d'exister face aux concurrents qui vendent exactement les mêmes références.
Le problème, c'est la façon dont beaucoup de boutiques s'y sont prises pendant des années. Un pavé de plusieurs centaines de mots rédigé « pour le SEO », collé en haut de page, qui répète le nom de la catégorie à chaque phrase. Le visiteur doit scroller pour voir le premier produit, et personne ne lit le texte. Pas même le gérant.
L'idée n'est donc pas d'ajouter du texte. C'est d'ajouter ce qu'un bon vendeur dirait en boutique, et de le mettre au bon endroit.
Au-dessus des produits : un chapô, et rien de plus
C'est le seul texte qui doit apparaître avant la grille. Deux à quatre lignes sur ordinateur, souvent moins sur mobile. Son rôle : confirmer au visiteur qu'il est au bon endroit et lui annoncer ce qu'il va trouver.
Ce qu'on y met : le nom de la catégorie formulé naturellement (dans le même univers de mots que votre H1), ce qui distingue votre sélection (marques, usages, gamme de prix si c'est un argument), et éventuellement un lien vers les deux ou trois sous-catégories les plus demandées. Ce qu'on n'y met pas : l'histoire de la marque, les conditions de livraison, ou trois phrases qui disent la même chose avec des synonymes.
Un exemple pour une catégorie de chaussures de trail pour femme : « Chaussures de trail femme, du chemin roulant au terrain technique. La sélection est classée par usage (courte distance, ultra, terrain gras) pour vous aider à trouver la bonne accroche et le bon amorti. » Deux phrases. L'acheteuse sait où elle est et sait qu'elle peut filtrer par usage.
Sur mobile, si même ça repousse la grille trop bas, repliez le texte derrière un « lire la suite ». Le détail technique qui compte (déformation d'ancien développeur, je vérifie toujours) : le texte doit être présent dans le HTML servi avec la page, simplement masqué à l'affichage. S'il est chargé par un script seulement au clic, vous ne pouvez pas être sûr que Google le voie.
Sous la grille : le texte qui aide vraiment à choisir
C'est ici que vous avez de la place. Un visiteur qui descend jusqu'en bas de la grille est soit en train d'hésiter, soit n'a pas trouvé son bonheur. Dans les deux cas, il a besoin d'aide, pas d'un texte promotionnel.
Les blocs qui fonctionnent, dans l'ordre où je les place en général :
- Un guide de choix court : les deux ou trois critères qui font vraiment la différence dans cette famille de produits (pour le trail : le drop, l'accroche de la semelle, la protection du pied), expliqués sans jargon.
- Les différences entre sous-catégories, avec un lien vers chacune. C'est du maillage interne parfaitement naturel, et souvent la partie la plus utile du bloc.
- Un renvoi vers vos guides d'achat ou articles de blog s'ils existent, plutôt que de tout réexpliquer ici.
- Une petite FAQ : les questions que votre service client reçoit réellement sur cette famille (taille, entretien, compatibilité).
Pour la FAQ, le raisonnement est le même que sur les fiches. J'ai détaillé ce qu'une FAQ apporte au référencement d'une page produit, et ça se transpose presque tel quel aux catégories, avec la même règle : des questions propres à la catégorie, pas un bloc générique recopié partout.
Le chapô dit au visiteur où il est, le bloc du bas l'aide à décider : un paragraphe qui ne fait ni l'un ni l'autre n'a rien à faire sur la page.
Ce que je supprime en audit, presque à chaque fois
Quand j'audite une boutique, la page catégorie est souvent l'endroit où j'efface le plus de texte. Pas par principe : parce qu'une bonne partie ne sert à rien, voire dessert la page.
- Le texte identique sur toutes les catégories, où seul le nom change. C'est du gabarit, Google n'en tire rien.
- Le texte en police minuscule, en blanc sur fond blanc, ou caché en CSS pour n'être lu que par les robots. C'est très exactement ce que Google range dans le texte masqué de ses règles anti-spam. Rien de malin là-dedans.
- Les répétitions du nom de catégorie à chaque phrase. Si vous ne le liriez pas à voix haute à un client, ça n'a pas sa place.
- Le même texte affiché sur les pages 2, 3, 4 de la catégorie.
Sur ce dernier point, la règle est simple : le contenu éditorial vit sur la première page de la catégorie, les suivantes listent des produits. Si vous ne savez pas comment votre CMS gère ces pages, j'ai consacré un article à la pagination des catégories d'une boutique et à son traitement SEO.
Et la longueur, alors ?
On me demande souvent un nombre de mots. Je n'en donne pas, parce qu'il n'y en a pas. Google n'applique aucun seuil, et une catégorie se positionne d'abord grâce à son offre, à son maillage et à sa pertinence, pas au volume de son texte.
Le bon repère, c'est la concurrence réelle. Tapez votre requête, ouvrez les catégories qui sortent en tête et regardez ce qu'elles placent sous la grille. Si toutes ont un guide de choix et une FAQ, vous savez à quoi ressemble une réponse complète aux yeux de Google. Si aucune ne dépasse trois lignes, inutile d'écrire un roman.
Un cas où il faut en dire plus : deux catégories très proches, du genre « sacs à dos de randonnée » et « sacs à dos de trekking ». Là, le texte sert à les distinguer nettement. Sinon, vous vous retrouvez avec deux pages qui se cannibalisent sur les mêmes mots-clés, et aucune des deux ne sort.
Le texte ne travaille jamais seul
Dernière chose, parce que je la vois oubliée trop souvent. Le texte de catégorie s'appuie sur ce qui l'entoure : un H1 clair qui nomme la catégorie, une balise title plus parlante que « Catégorie | MaBoutique », des liens depuis le menu, le fil d'Ariane et les fiches produits. Google rappelle d'ailleurs dans sa documentation dédiée l'importance de la structure de liens d'un site e-commerce. Sans ce socle, le meilleur texte du monde ne portera pas la page.
Une fois en ligne, suivez la catégorie dans la Search Console pendant quelques semaines. Les requêtes sur lesquelles elle commence à apparaître vous diront si le texte a élargi son champ, ou s'il faut le retoucher.
