Le principe : vos titres sont le sommaire de la page
Pensez à un livre : un titre sur la couverture, des chapitres, parfois des sous-parties. Les balises H1, H2 et H3 font exactement ça sur une page web : le H1 est le titre du livre, les H2 sont les chapitres, les H3 découpent un chapitre quand il est trop gros pour être lu d'un bloc.
Cette hiérarchie sert trois publics à la fois. Le lecteur pressé, d'abord, qui scrolle et lit les titres avant de décider s'il lit le texte. Google, ensuite, qui s'appuie sur les titres pour comprendre de quoi parle chaque morceau de la page (ce n'est pas un levier magique, et son guide de démarrage SEO se contente d'ailleurs de recommander des sections et des titres pour aider à la navigation). Et enfin les personnes qui naviguent avec un lecteur d'écran : elles sautent de titre en titre comme vous feuilletez un sommaire, c'est pour elles que le W3C a rédigé son tutoriel sur les titres de page.
Si quelqu'un lit uniquement vos titres et comprend ce que l'article va lui apporter, votre structure est bonne. Tout le reste découle de ce test.
L'exemple concret : le plan complet d'un article
Prenons un article de blog jardinage tout ce qu'il y a de plus classique, ciblé sur « rempoter une orchidée ». J'ai choisi exprès un sujet qui n'a rien à voir avec le SEO : on voit mieux la mécanique quand on n'est pas distrait par le fond. Voici la hiérarchie que je lui donnerais.
H1Comment rempoter une orchidée sans l'abîmer : le guide pas à pasH2Quand faut-il rempoter une orchidée ?H3Les signes qui montrent que le pot est devenu trop petitH3La bonne période dans l'année
H2Le matériel à préparer avant de commencerH2Rempoter une orchidée en 5 étapesH3Étape 1 : sortir la plante du pot sans casser les racinesH3Étape 2 : trier et couper les racines abîméesH3Étape 3 : choisir le nouveau potH3Étape 4 : installer le substratH3Étape 5 : l'arrosage après le rempotage
H2Les erreurs qui font souffrir une orchidée rempotéeH2Questions fréquentesH3Peut-on rempoter une orchidée en fleur ?H3Quel substrat choisir pour une orchidée ?
Ce qui n'apparaît pas compte aussi : « Sommaire », « Partager cet article », « Articles similaires ». Ce sont des éléments d'interface, pas des chapitres. Pas mal de thèmes les balisent en H2 par défaut, et ça brouille le plan.
Pourquoi ce plan tient la route, niveau par niveau
Le H1. Il reprend la requête principale, formulée comme une promesse. Il est proche de la balise title sans devoir lui être identique : le title est pensé pour la page de résultats, le H1 pour quelqu'un qui est déjà arrivé chez vous. Un seul H1 par page, c'est ce que je recommande, même si Google a déjà expliqué publiquement que plusieurs H1 ne le gênent pas. Question de clarté : une page, un sujet, un titre.
Les H2. Chacun correspond à une question que se pose vraiment la personne qui tape « rempoter une orchidée » : quand, avec quoi, comment, et qu'est-ce qui peut mal tourner. Ils arrivent dans l'ordre où elle se pose ces questions.
Les H3. Ils n'existent que là où un H2 a besoin d'être découpé. « Le matériel à préparer » n'en a aucun, et c'est normal : une liste de quelques lignes n'a pas besoin de sous-titres. À l'inverse, les cinq étapes numérotées en H3 forment une procédure limpide, exactement le genre de format qui aide à obtenir un featured snippet et grimper en position zéro.
Reste la FAQ. Chaque question devient un H3 sous un H2 « Questions fréquentes », ce qui permet de couvrir les variantes longues de la requête sans leur créer une page chacune. C'est le même raisonnement que je défends quand on me demande combien de mots-clés viser sur une même page : une intention, une page, et les variantes vont dedans.
Les règles qui comptent vraiment (et les faux problèmes)
Sur les forums, on lit tout et son contraire sur les balises Hn. Voici ce que je vérifie réellement quand j'audite une page, du plus important au plus anecdotique.
- Ne pas sauter de niveau. Un H4 posé directement sous un H2, c'est une sous-sous-partie sans sous-partie. Google ne vous pénalisera pas pour ça, mais votre sommaire devient bancal, et les lecteurs d'écran s'y perdent.
- Ne jamais choisir un niveau de titre pour sa taille. Vous voulez un texte plus gros ? C'est le travail du CSS, pas d'une balise H2.
- Écrire des titres qui disent quelque chose. « Introduction », « Partie 2 » ou « Pour aller plus loin » n'apprennent rien à personne. « Quand faut-il rempoter une orchidée ? » annonce exactement ce qu'on va lire.
- Ne pas caser la requête dans chaque titre. Répéter « rempoter une orchidée » dans les huit sous-titres sonne faux et n'aide en rien. La requête va dans le H1, ensuite les synonymes et les questions font le travail.
Et le nombre idéal de H2, ou la longueur parfaite d'un titre ? N'y cherchez pas de règle chiffrée. Il y a autant de H2 que de vraies questions à traiter, ni plus ni moins.
Le piège WordPress : votre H1 existe déjà
C'est l'erreur que je croise le plus chez les débutants. Dans la grande majorité des thèmes WordPress, le titre que vous saisissez tout en haut de l'éditeur est affiché en H1. Si vous ajoutez ensuite un bloc « Titre » réglé sur H1 dans le corps de l'article, vous vous retrouvez avec deux H1, souvent presque identiques.
La bonne habitude est simple : dans l'éditeur, votre premier titre est un H2. Toujours. Et si vous avez un doute sur votre thème (certains mettent aussi le logo ou le nom du site en H1 sur toutes les pages), ouvrez le code source d'un article publié et cherchez « <h1 ». Ça prend dix secondes.
Vérifier la structure d'une page en deux minutes
Pas besoin d'outil payant. Trois méthodes, de la plus rapide à la plus complète :
- Une extension de navigateur comme HeadingsMap, qui affiche l'arbre des titres de la page ouverte.
- La console du navigateur (touche F12, onglet Console). Collez
document.querySelectorAll('h1,h2,h3,h4').forEach(h => console.log(h.tagName, h.textContent.trim()))et vous obtenez tous les titres dans l'ordre. Vieux réflexe de développeur, mais imparable. - Un crawler comme Screaming Frog, dont la version gratuite suffit pour un petit site : il liste les pages sans H1 ou avec plusieurs H1.
Pour construire le plan avant d'écrire, maintenant. Ouvrez les pages déjà en tête sur votre requête, notez leurs H2, puis jetez un œil au bloc « Autres questions posées ». Vous obtenez en quelques minutes la liste des questions que Google juge pertinentes, donc vos futurs H2 et H3. Remettez-les dans un ordre logique, comblez les manques.
J'explique cette façon de travailler plus en détail dans mon article sur la rédaction web, ou comment écrire pour Google sans oublier vos lecteurs. Le plan d'abord, le texte ensuite : un article dont les titres sont bons est déjà à moitié réussi.
